« The Great British Switch Off » : ce que les entreprises doivent savoir
Dans le cadre de l’initiative « The Great British Switch Off », le réseau PSTN britannique sera mis hors service d’ici janvier 2027 et remplacé par une infrastructure entièrement IP. Ce changement a des répercussions bien au-delà de la téléphonie, puisqu’il touche également les systèmes d’alarme, les systèmes de paiement et les services essentiels. Nous expliquons ici les raisons de cette transition, les risques liés à un report et la manière dont les entreprises peuvent s’y préparer.
Comprendre la mise hors service du réseau PSTN
La fermeture du réseau téléphonique public commuté (RTPC) au Royaume-Uni, également connue sous le nom de « Great British Switch Off » ou « fermeture du RTPC de BT Openreach », est bien plus qu’une simple mise à niveau du réseau. D’ici le 31 janvier 2027, le réseau téléphonique en cuivre centenaire sera mis hors service et remplacé par une infrastructure entièrement IP. Ce changement concerne toutes les organisations, des petites entreprises aux institutions du secteur public, et va bien au-delà de la téléphonie traditionnelle. Les systèmes de sécurité, les terminaux de paiement, les interphones d’ascenseur, les alarmes et les équipements de surveillance sont tous concernés.
Cette transition est considérée comme le changement le plus important dans le secteur des télécommunications depuis une génération ; elle redéfinit non seulement la manière dont les entreprises britanniques se connectent, mais aussi la façon dont elles assurent la sécurité de leurs services essentiels. Il ne s’agit pas simplement de remplacer une technologie, mais de renforcer la résilience et de jeter les bases de la prochaine décennie en matière de communications.
Examinons les facteurs à l’origine de cette transition, les risques liés à tout retard, les enseignements tirés à l’échelle mondiale, ainsi que la manière dont les entreprises britanniques peuvent non seulement s’adapter, mais aussi prospérer dans cette nouvelle ère numérique.
Pourquoi le Royaume-Uni abandonne-t-il le réseau PSTN ?
La décision de mettre fin au réseau téléphonique public commuté (RTPC) repose sur trois facteurs :
Obsolescence technologique : le réseau en cuivre est fragile, obsolète et incapable de prendre en charge les communications modernes, qui font appel à d'importants volumes de données. L'Ofcom, l'autorité de régulation des télécommunications, a signalé une augmentation de 60 % des interruptions de service dues à des pannes du réseau PSTN pour la seule année 2023.
Coût de maintenance : les pièces de rechange sont de plus en plus difficiles à trouver, et il y a de moins en moins de techniciens formés à la maintenance des anciens systèmes. La gestion de deux réseaux (RTC et fibre optique) n'est plus viable.
Modernisation stratégique : le déploiement du réseau de fibre optique au Royaume-Uni, d'un montant de 15 milliards de livres sterling, jette les bases d'une infrastructure entièrement native IP et résiliente, capable de prendre en charge les technologies de nouvelle génération telles que la 5G, l'IoT et les communications basées sur l'IA.
La politique nationale d’«arrêt des ventes» mise en place en septembre 2023 a marqué le point de non-retour. Aucun nouveau service PSTN ou ISDN – qui sont des services numériques fonctionnant sur le réseau cuivre PSTN – ne peut plus être ajouté, et toutes les entreprises doivent avoir effectué leur migration d’ici janvier 2027. Cette étape s’inscrit dans le cadre du programme d’abandon du réseau PSTN de BT Openreach, qui impose à toutes les entreprises de migrer vers des services numériques.
Quels risques les entreprises encourent-elles si elles retardent leur migration ?
Pour les entreprises qui tardent à migrer, les risques sont considérables :
Interruption du service : les appareils et les systèmes reliés au réseau PSTN cesseront de fonctionner en 2027.
Perturbation des activités : les commerçants incapables de traiter les paiements ou les établissements dont les alarmes incendie ne fonctionnent pas s'exposent à des pertes immédiates.
Manquements en matière de sécurité et de conformité : les pannes de systèmes critiques, tels que les téléphones d'urgence des ascenseurs ou les dispositifs de téléassistance, entraînent des risques juridiques et de non-conformité.
Goulots d'étranglement et hausse des coûts : la demande en matériel informatique et en experts techniques va exploser à l'approche de la date butoir, ce qui entraînera des retards et une augmentation des coûts.
Contrairement aux lignes en cuivre, qui acheminaient l’électricité depuis les centraux téléphoniques, les services IP nécessitent une alimentation électrique locale résiliente et une connectivité de secours. Des mesures de résilience, telles que des onduleurs (UPS) et des connexions de secours, doivent être mises en place pour éviter les coupures de courant.
Quels enseignements le Royaume-Uni peut-il tirer des pays précurseurs ?
À l’échelle mondiale, le Royaume-Uni n’est pas un cas isolé. L’Allemagne a achevé son passage au tout numérique en 2019, l’Espagne a suivi en 2024, et les pays nordiques sont désormais presque entièrement passés à la télévision par IP. Leurs expériences nous enseignent deux leçons essentielles :
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Le manque de visibilité entraîne des perturbations : de nombreuses entreprises ont sous-estimé les dépendances cachées, ce qui a provoqué des défaillances de dernière minute.
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Une bonne planification permet d'éviter le chaos : les entreprises qui ont procédé à des audits en amont, mis en place des déploiements progressifs et investi dans une infrastructure IP résiliente ont réussi à faciliter la transition.
Le report au Royaume-Uni à 2027 a lui-même été provoqué par des dépendances qui avaient été négligées, notamment les 1,8 million d’utilisateurs de services de téléassistance dont les appareils analogiques ont cessé de fonctionner lors des premiers essais.
Quels avantages la migration vers l’IP offre-t-elle ?
Pour les entreprises qui abordent la migration de manière stratégique, cette transition offre de réels avantages :
Plateforme d'innovation : les réseaux tout IP permettent l'intégration de l'IA, les applications IoT et les outils de collaboration avancés.
Une qualité améliorée : la téléphonie IP offre une meilleure qualité d'appel grâce à l'audio HD.
Flexibilité et mobilité : les plateformes UCaaS libèrent les employés de leur bureau, facilitant ainsi le travail hybride et à distance.
Évolutivité : l'ajout d'utilisateurs ou de services se fait désormais par une simple mise à jour logicielle, sans qu'il soit nécessaire de faire appel à un spécialiste.
Réduction des coûts : en supprimant les abonnements téléphoniques et en adoptant des offres groupées de services IP, il est possible de réduire les dépenses de télécommunications de 30 à 60 %.
L’abandon de l’analogique ne se résume pas à un simple remplacement des anciennes lignes. C’est un catalyseur de la transformation numérique.
Comment se préparer à l’arrêt du réseau PSTN
Une approche structurée permet de réduire les risques :
Audit et évaluation : recenser tous les appareils reliés à des systèmes connectés au réseau téléphonique public (PSTN), y compris les alarmes, les ascenseurs, les télécopieurs et autres dépendances cachées.
Planification et budget : planifier et tester une migration par étapes, en collaboration avec les services informatiques, les services généraux et les opérations, tout en prévoyant une alimentation de secours et une connectivité de secours.
Partenariat et flexibilité : choisir et mettre en œuvre des solutions basées sur des normes ouvertes en collaboration avec des partenaires de confiance afin de garantir l'interopérabilité, la flexibilité et la résilience à long terme.
Le point de vue d’Algo : combler les lacunes que d’autres négligent
De nombreuses entreprises sous-estiment encore à quel point le réseau PSTN est profondément ancré dans leur infrastructure. Le réseau en cuivre ne sert pas seulement aux téléphones, mais aussi aux alarmes, aux systèmes d’accès, aux ascenseurs et même aux terminaux de paiement. Comme bon nombre de ces appareils ont été installés il y a des années, ils ne figurent souvent pas dans les inventaires et ne sont repérés que lorsqu’ils cessent de fonctionner.
C’est pourquoi il est essentiel d’adopter une approche axée sur l’audit. En mettant rapidement au jour les dépendances cachées, les organisations peuvent établir des plans réalistes : déterminer quels systèmes peuvent être migrés, identifier ceux qui nécessitent une solution de transition et remplacer ceux qui ne peuvent pas être adaptés. Cette préparation permet de limiter les perturbations et d’éviter les surprises de dernière minute.
Algo facilite ce processus grâce à des terminaux IP basés sur le protocole SIP qui garantissent la fiabilité des fonctions essentielles dans un environnement entièrement IP. Les haut-parleurs, les interphones et les dispositifs d’alerte visuelle se connectent directement à des plateformes telles que Microsoft Teams, Zoom et Cisco. Des fonctionnalités telles que la diffusion multicast et la redondance locale garantissent que les alertes d’urgence, la diffusion et le contrôle d’accès continuent de fonctionner même en cas de déconnexion d’une plateforme de communications unifiées. Grâce à ces outils, les entreprises se modernisent sans perdre la résilience dont elles dépendent.

Perspectives d’avenir
Le compte à rebours jusqu’en janvier 2027 n’est pas seulement une échéance réglementaire. C’est l’occasion de mettre en place une infrastructure de communication plus fiable, plus flexible et prête pour l’avenir. Les organisations qui s’y prendront à l’avance limiteront les perturbations, protégeront leurs collaborateurs et se prépareront à des innovations telles que les communications unifiées basées sur l’IA et l’intégration de l’IoT.
À l’approche de la date butoir fixée par BT Openreach pour l’abandon du réseau PSTN, les entreprises qui agissent rapidement pourront non seulement rester en conformité, mais aussi profiter pleinement des avantages des communications IP.